L’amour, le mariage et les roses


Réflexions sur le chapitre 19 de l’Evangile selon Saint-Mathieu

 

john-william-waterhouse-the-annunciation-1914
J. W. Waterhouse – The Annunciation 1914

Le chapitre commence sur le voyage de Jésus, qui s’éloigne de la Galilée, suivit par une grande foule qu’il guérit. Il ne guérit pas un certains nombres de malades, mais il guérit les foules, qui le suivent. Est-ce une condition sine qua non ? Etre guéri si on le suit ?

Vient ensuite le discours avec les pharisiens. Dieu crée la différence des sexes et les crée pour reformer une nouvelle unité. Cette unité qui se sépare de la famille, des racines, de ce qui vient avant dans le temps, pour former quelque chose de neuf, une seule chair. Est-ce que cela implique la fusion ? Il semblait que c’était justement un faux pas à éviter. Une seul chair dans l’amour, dans l’acte de l’amour, non seulement physique, mais aussi dans le concret de l’amour qui se fait acte, car l’amour est avant tout une réalisation concrète, plus qu’un sentiment. Le sentiment n’est pas amour, il est désir, empathie, sympathie, affection, dépendance, plaisir, résonance, lien, mais amour ? L’amour est gratuit, est ouvert, est en dehors de soi, peut être dans l’autre que l’on voit dans un reflet, mais surtout en dehors de soi comme quelque chose qui nous pousse à sortir de nous-même. Ce qui sort de notre être vient s’unir à ce qui émane de l’autre pour former quelque chose de nouveau, qui vient investir un tiers. Si l’amour ne sort pas de soi il n’y a pas de naissance possible, mais s’il n’y a pas accueil de cela à l’intérieur de nous, il n’y a pas non plus de vie possible. Bien sûr devenir une seule chair c’est la relation elle-même qui naît, qui s’incarne dans le quotidien, dans la réalité, et puis bien sûr c’est l’enfant qui nait, qui est l’un et l’autre, entier et unique à la fois.
L’adultère c’est l’altération du mélange primordial en y associant des éléments étrangers de moindre valeur ou qualité, selon le dictionnaire. Ce serait la dureté de coeur qui empêcherait de se maintenir dans la relation première et donc le manque d’amour, et non le trop plein d’amour qui est à l’origine du divorce et de l’adultère en général. C’est parce que l’on est pas capable d’aimer ceux qui nous sont confiés que l’on cherche ailleurs un autre bonheur. Le seul cas possible de divorce est lorsqu’il s’agit d’une union illégitime, qui est hors la loi, mais la loi de qui ? Celle des hommes ou celle de Dieu ?
Toujours est-il que si un homme ou une femme, ne parvient pas à se satisfaire du dur idéal d’un amour unique il tombe en faillite. Il a échoué par son coeur dur, il perd sa dignité et son humanité ? Pourtant ce qui lui était demandé était surhumain. Comment être fidèle et stable alors que la constance de l’homme réside dans l’ondulation par rapport à une ligne centrale ? On sait déjà que cela n’est pas possible, que cela ne peut pas marcher… De rares exemples qui y parviennent deviennent l’exception qui confirme la règle.
Alors les disciples répondent tout à fait justement qu’il vaut mieux ne pas se marier.
Jésus leur répond que certains ne se marient pas parce qu’ils en sont incapables. Incapable de quoi : d’aimer, de prendre la responsabilité d’une relation, d’un autre que soi ? Incapable d’être fidèle ? Il y en a d’autres qui ont été mutilés, c’est-à-dire qui ont été blessé dans le vif, dans ce qui est le plus tendre, le plus sensible, le plus profond. Cela veut aussi dire qu’il n’y a pas de guérison possible, ou si elle existe elle laisse l’être amputé et donc handicapé de quelque chose d’essentiel, de vital. Bien sûr on peut continuer à vivre, mais l’accès n’est pas donné au mariage, l’amputation rend impossible la bouture, il n’y a plus rien à partager. Enfin le dernier groupe de célibataires est composé de ceux qui le choisissent à cause du Royaume des Cieux. C’est bien étrange que la découverte d’un amour infini ne pousse pas à un amour reversé sur l’humanité. Ou peut-être que justement cela est si énorme qu’il ne peut être contenu par un seul être. Mais si l’amour ne s’incarne pas, il se perd en fumée.
Jésus répète à deux reprises que peu peuvent comprendre mais que ceux qui le peuvent, le doivent.
A ce discours suit l’attention aux enfants, à ceux qui auront l’accès au Royaume des Cieux. Qu’est-ce que c’est à la fin ? Ce Royaume des Cieux qui est aussi déjà en nous, mais qui est accessible seulement en prenant la pilule de la fragilité, de la simplicité, de la spontanéité, de l’abandon. Je repense à Alice au pays des merveilles.
Le chapitre se poursuit avec le jeune homme riche qui doit tout quitter pour obtenir la vie éternelle, comme les disciples, qui s’effraye de ne pas recevoir de récompense, pire de se retrouver sans rien, d’avoir fait un investissement à pure perte.
En fait le chapitre entier n’est que la répétition d’un même argument :
Il faut lâcher ses sécurités, ses biens et suivre le Christ dans un chemin d’abandon, de don de soi, qui seul laisse la possibilité de guérir de ses blessures, de ses deuils, de ses infirmités et surtout du mensonge qui nous ronge, celui qui nous est susurré jour après jour, et qui dit que nous ne sommes pas aimés, que nous sommes handicapés et donc impotents à la vie. En guérissant de ce mensonge, on accède à la vie éternelle, c’est-à-dire à la vie universelle, à celle qui est en nous et dans l’autre, celle qui est partout et qui surgit même là où la mort s’abat sans discontinuer. C’est découvrir que nous sommes des roses qui parfument le monde avec notre vie. Des roses délicates et donc fragiles, des roses qui ont leurs épines, mais qui font l’admiration du jardinier et le bonheur du promeneur.


Riflessioni sul capitolo 19 nel Vangelo secondo Matteo

Il capitolo inizia con il viaggio di Gesù, che si allontana dalla Galilea, seguito da una grande folla che egli guarisce. Non cura un certo numero di malati ma guarisce folle, che lo seguono. Sarà forse una condizione sine qua non, quella di essere guarito se lo seguiamo?

Viene poi il discorso con i farisei. Dio creò la differenza tra i sessi e generò uomo e donna per formare una nuova unità. Un’unità che si separa dalla famiglia, dalle radici, da quello che viene prima nel tempo, affinché qualcosa di nuovo possa sorgere, che sia una carne sola. Ma questo deve implicare la fusione?  Sembrava che fosse proprio un passo da evitare.

Una sola carne nell’amore, nell’atto di amore, non solamente fisico, ma anche nel concreto dell’amore che si fa atto, perché prima di essere un sentimento è una realizzazione concreta. Il sentimento non è amore, è desiderio, empatia, simpatia, affetto, dipendenza, piacere, risonanza, legame, ma amore ? L’amore è gratuito, aperto, è fuori di noi, può essere nell’altro che vediamo in un nostro riflesso, ma soprattutto fuori di sé, come qualcosa che ci spinge a uscire da noi stessi. Quello che esce dal nostro essere va ad unirsi a quello che emana dall’altro per formare qualcosa di nuovo, che va investire un terzo. Se l’amore non esce da se, non c’è nessuna nascita possibile, ma se non c’è accoglienza di questo dentro di noi, non c’è neanche nessuna vita possibile. Certo che diventare una carne sola si fa nella relazione stessa che nasce, che si incarna nel quotidiano, nella realtà, e poi ovviamente è  anche il bambino che nasce, che è l’uno e l’altro, intero e unico alla stessa volta.

L’adulterio è l’alterazione della mescolanza primordiale associandoci elementi estranei di valore o qualità minore, secondo quello che dice il dizionario. Sarebbe la durezza dei cuori che impedirebbe di mantenersi nella prima relazione e dunque è la mancanza di amore, e non la sovrabbondanza di esso che è all’origine del divorzio e dell’adulterio in generale. Poiché non siamo capaci di amare quello che ci è affidato, noi cerchiamo altrove un’altra felicità. L’unico caso possibile di divorzio è per motivo di unione illegittima, cioè fuori legge, ma fuori dalla legge di chi? Quella degli uomini o quella di Dio?

In ogni caso se un uomo o una donna, non riesce a soddisfarsi dal duro ideale di un amore unico, cadde nel fallimento. Ha fallito per colpa della durezza del proprio cuore, perde la propria dignità e quindi anche la sua umanità. Ma quello che gli era stato chiesto era sovrumano. Come essere fedele e stabile quando la costanza dell’uomo risiede nell’ondulazione sua in rapporto ad una linea centrale? Sappiamo già che non è possibile, che non può funzionare… I rari esempi che ci riescono divengono le eccezioni che confermano la regola.

I discepoli rispondono dunque giustamente a Gesù che meglio vale non sposarsi.

Gesù risponde a sua volta che alcuni non si sposano perché ne sono incapaci. Incapaci di cosa: di amare, di prendere la responsabilità di una relazione, di un altro di sé? Incapaci di essere fedeli? Ci sono altri che sono stati mutilati, cioè feriti nel vivo, in quello che c’è di più tenero, di più sensibile, di più profondo. Quello significa anche che non c’è guarigione possibile, o se esiste ci lascia senza un membro oppure handicappati di qualcosa di essenziale, di vitale. Sicuramente possiamo continuare a vivere, ma l’accesso non è dato al matrimonio, l’amputazione rende impossibile la talea, non c’è più niente da condividere. Infine l’ultimo gruppo di celibi è composta da quelli che lo scelgono a causa del Regno dei Cieli. Non è forse strano che la scoperta di un amore infinito non spinga ad un amore riversato sull’umanità? Oppure quel amore è talmente enorme che non si può contenere in un solo essere. Ma se l’amore non si incarna, si perde in fumo.

Gesù ripete a due ripresa che pochi possono capire ma che quelli che lo possono, lo devono.

A questo discorso segue l’attenzione ai bambini, a quelli che avranno l’accesso al Regno dei Cieli. Ma cos’è in fine dei conti? Questo Regno che sta già dentro di noi, ma che è accessibile solo prendendo la medicina della fragilità, della semplicità, della spontaneità, dell’abbandono. Ripenso a Alice in Wonderland.

Il capitolo procede con il giovane ricco che deve lasciare tutto per ottenere la vita eterna, come i discepoli, ma si spaventa di non ricevere una ricompensa, peggio di ritrovarsi senza nulla, di avere fatto un investimento in pura perdita.

In realtà il capitolo intero non è altro che la ripetizione di un unico argomento:

Bisogna lasciare le proprie sicurezze, i suoi beni per seguire Cristo in un cammino di abbandono, di dono di sé, che lascia la possibilità di guarire dalla ferite, dai lutti, dalle infermità e soprattutto della menzogna che ci consuma quello che ci è sussurrato all’orecchio giorno dopo giorno, e che ci dice che non siamo amati, che siamo impotenti alla vita. Nella guarigione di questa menzogna, accediamo alla vita eterna, cioè alla vita universale, a quella che è in noi e nell’altro, a quella che è dappertutto e che sorge anche lì dove la morte si abbatte senza interruzione. E’ la scoperta del nostro essere rose, che profumano il mondo con le nostre vita. Rose delicate e quindi fragili, rose che hanno le loro spine, ma che fanno l’ammirazione del giardiniere e la felicità del passeggiatore.

Virginie Kubler

Annunci